Madame Louise de Landsheere fût une très Grande Dame comme le démontre les documents ci-après, et ses amis l'appelaient affectueusement "Loulou" ...
de LANDSHEERE (1), Louise, Edmée, née delandsheere ; sous-directeur au Compte rendu analytique du Sénat, résistante, prisonnière politique, née à Bruxelles le 15 octobre 1908, décédée à Anderlecht (Bruxelles) le 18 août 1989.
Louise de Landsheere grandit dans un milieu d'intellectuels catholiques. Son père, Paul de Landsheere, est un journaliste connu qui deviendra président de l'Association générale de la Presse belge et finira sa carrière comme directeur du Compte rendu analytique du Sénat. Il fréquente les milieux politiques et les hautes sphères de l'administration. Pendant la Première Guerre mondiale, il fait de la résistance et publie peu après une chronique de l'occupation, Cinquante mois d'occupation allemande.
Après des humanités classiques, la jeune Louise suit les cours de l'Ecole supérieure de Jeunes Filles à Bruxelles, école créée sous les auspices de l'Université catholique de Louvain (UCL). En 1939, elle s'inscrit également au cours de l'Ecole supérieure de Commerce de l'UCL.
Survient la deuxième occupation allemande. Très rapidement, un désir fou de faire quelque chose contre «eux» la poursuit. Déjà des tracts et journaux clandestins sont passés d'une étudiante à l'autre, mais Louise - Loulou pour les amis - ne parvient pas à remonter la filière. Jusqu'à ce jour de septembre où un ancien camarade de l'Académie des Beaux-Arts la contacte et lui demande son aide pour héberger des soldats britanniques cachés. Le père de Louise qui jusqu'ici s'était contenté de dire : «ce n'est pas l'affaire des femmes, elles ne peuvent pas se taire», finit par lui passer une adresse d'hébergement. La jeune femme veut davantage et force son père à lui donner le nom de quelqu'un qui, déjà, organise un «réseau» : William Ugeux, avocat, directeur au XXe Siècle avant-guerre (journal auquel Paul de Landsheere collaborait comme informateur politique).
Louise de Landsheere entre en Résistance où elle devient «Martine», indicatif 015 du Service Zéro. À partir de ce moment, son activité augmente de jour en jour. Elle prend contact avec d'autres membres du réseau de «Walter» (Ugeux), se met à distribuer La Libre Belgique clandestine, travaille dans le renseignement proprement dit, mais surtout s'occupe du passage de Belges ou d'Anglais vers la Grande-Bretagne. Elle est accaparée par «Walter» commence à le remplacer quand il ne peut effectuer lui-même une mission. Elle fait ainsi connaissance de Marcel Kerkhofs, François Kinder, Charlie Claser, Thérèse de Radiguuès Jean Fosty. Début 1941, Louise de Landshei est l'adjointe en titre de «Walter».
Mais en juillet 1941, après une dénonciation, la Geheime Feldpolizei fait irruption chez les de Landsheere. Par miracle - 500 Libre Belgique et d'autres papiers compromettants sont cachés dans la maison -, rien n'est découvert.
Malgré plusieurs autres alertes, les activités se développent encore : Louise réceptionne des agents parachutés de Londres, transporte des armes, aide à la rédaction de la Libre Belgique,
C'est le 5 mai 1942, en portant chez l'imprimeur Lielens la copie d'un numéro du clandestin qu'elle est arrêtée par la Gestapo ... Après des interrogatoires avenue Louise, elle est emprisonnée à Saint-Gilles. Suivent d'autres interrogatoires au cours desquels elle ne lâche rien. Elle restera à Saint-Gilles jusqu'à la fin l'année. Le 25 novembre 1942 débute devant un conseil de guerre allemand le procès de l'affaire de la Libre Belgique. Les séances se tiennent dans la salle de la Cour d'assises du Palais Justice de Bruxelles. Les imprimeurs sont condamnés à quinze ans de travaux forcés, Louise de Landsheere à sept ans.
Dans la nuit du 7 janvier 1943 elle est transférée avec d'autres prisonnières vers le Zuchthaus d'Anrath, tout près de Krefeld. Anrath, surnommé le « château de la mort lente » est utilisé par l'industrie allemande. Parce que de Landsheere «a travaillé pour l'ennemi», on la met au régime des condamnés à mort. Avec d'autres condamnées, y compris des prisonnières de droit commun allemandes, elle devra travailler à découdre de vieux uniformes pour en récupérer ce qui peut encore servir. La nourriture est débilitante, l'atmosphère mauvaise. Il y a des délateurs. Louise de Landsheere est mise aux arrêts. Elle travaillera ensuite en kommando. Au début de l'hiver 1943, elle est envoyée dans d'autres prisons pour revenir à Anrath vers Pâques 1944. Quelques jours après, c'est départ définitif pour la forteresse de Jauer en Silésie où le petit groupe de Französinnen arrive début mai 1944.
Sous le couvert d'une petite fabrique réchauds à gaz, il s'agit de faire travailler des prisonnières à la fabrication de glissières d'obus. Dans la prison, la résistance s'organise. Les femmes refusent de s'installer aux machines. Après quelques semaines de «grève», c'est au tour de de Landsheere d'être mise aux arrêts, Elle refuse de fabriquer des munitions. Après un mois de sévices, elle peut retourner à l'atelier de couture. Mais pas pour longtemps,
L'Armée rouge approche. Le 28 janvier 1945, par 25 degrés sous zéro, l'évacuation des prisonnières de Jauer commence. Ainsi, comme des milliers d'autres, Louise de Landsheere va connaître sa marche de la mort. Après des semaines d'horreur le convoi arrive en Bavière, à la forteresse d'Aichach, tout près de Dachau.

Le typhus se déclare. Mais l'espoir grandit et le 29 avril, enfin, la prison est libérée par les Américains, Quelques heures plus tard, Paul Lévy, correspondant de guerre ayant assisté à la libération de Dachau et dont, en 1942, de Landsheere avait organisé l'évasion vers l'Angleterre, la ramène au pays après trente-six mois de captivité.
Triste retour : à Bruxelles, elle apprend que son frère Henry, en mission pour l'Armée Secrète, a été écrasé accidentellement par un char anglais le jour de la Libération.
Le rôle essentiel de Louise de Landsheere dans des organismes importants de la lutte clandestine à un moment où étaient rares les véritables résistants la fait reconnaître capitaine ARA (Agents de Renseignement et d'Action), résistante par la presse clandestine, prisonnière politique et invalide de guerre.
Louise de Landsheere reprend rapidement ses activités : en 1946, comme journaliste à la Cité nouvelle, en 1947, comme correspondante de Vers l'Avenir, en 1950 comme journaliste à La Cité jusqu'en 1952. En 1953, elle devient rédactrice au Compte rendu analytique du Sénat, qu'elle quitte en 1972 comme sous-directeur à titre honoraire.
Mais ses principales activités d'après-guerre se situeront dans les associations patriotiques. En tant que présidente de l'Amicale de «La Libre Belgique clandestine», présidente de l'Amicale féminine des Camps et Prisons d'Allemagne et surtout comme secrétaire générale de l'Union des Services de Renseignements et d'Action (1962), elle est membre des principales instances officielles traitant les problèmes spécifiques aux victimes de la guerre : le Conseil supérieur des Invalides de Guerre, Anciens Combattants et Victimes de Guerre et la Commission permanente chargée du règlement du contentieux des Victimes de Guerre. En tant que telle, elle prend part à la préparation de nouvelles lois ou de modifications aux lois existantes concernant les victimes de guerre.
Sa fonction au Sénat donna à de Landsheere l'occasion d'essayer de «transformer chaque ministre comme chaque parlementaire hic et nunc en commissionnaire de nos revendications», comme le dira le grand résistant Luc Somerhausen.
L'action inlassable de Mademoiselle de Landsheere en faveur de toutes les victimes du devoir patriotique ne prendra fin qu'avec son décès, le 18 août 1989.
Louise de Landsheere grandit dans un milieu d'intellectuels catholiques. Son père, Paul de Landsheere, est un journaliste connu qui deviendra président de l'Association générale de la Presse belge et finira sa carrière comme directeur du Compte rendu analytique du Sénat. Il fréquente les milieux politiques et les hautes sphères de l'administration. Pendant la Première Guerre mondiale, il fait de la résistance et publie peu après une chronique de l'occupation, Cinquante mois d'occupation allemande.
Après des humanités classiques, la jeune Louise suit les cours de l'Ecole supérieure de Jeunes Filles à Bruxelles, école créée sous les auspices de l'Université catholique de Louvain (UCL). En 1939, elle s'inscrit également au cours de l'Ecole supérieure de Commerce de l'UCL.
Survient la deuxième occupation allemande. Très rapidement, un désir fou de faire quelque chose contre «eux» la poursuit. Déjà des tracts et journaux clandestins sont passés d'une étudiante à l'autre, mais Louise - Loulou pour les amis - ne parvient pas à remonter la filière. Jusqu'à ce jour de septembre où un ancien camarade de l'Académie des Beaux-Arts la contacte et lui demande son aide pour héberger des soldats britanniques cachés. Le père de Louise qui jusqu'ici s'était contenté de dire : «ce n'est pas l'affaire des femmes, elles ne peuvent pas se taire», finit par lui passer une adresse d'hébergement. La jeune femme veut davantage et force son père à lui donner le nom de quelqu'un qui, déjà, organise un «réseau» : William Ugeux, avocat, directeur au XXe Siècle avant-guerre (journal auquel Paul de Landsheere collaborait comme informateur politique).
Louise de Landsheere entre en Résistance où elle devient «Martine», indicatif 015 du Service Zéro. À partir de ce moment, son activité augmente de jour en jour. Elle prend contact avec d'autres membres du réseau de «Walter» (Ugeux), se met à distribuer La Libre Belgique clandestine, travaille dans le renseignement proprement dit, mais surtout s'occupe du passage de Belges ou d'Anglais vers la Grande-Bretagne. Elle est accaparée par «Walter» commence à le remplacer quand il ne peut effectuer lui-même une mission. Elle fait ainsi connaissance de Marcel Kerkhofs, François Kinder, Charlie Claser, Thérèse de Radiguuès Jean Fosty. Début 1941, Louise de Landshei est l'adjointe en titre de «Walter».
Mais en juillet 1941, après une dénonciation, la Geheime Feldpolizei fait irruption chez les de Landsheere. Par miracle - 500 Libre Belgique et d'autres papiers compromettants sont cachés dans la maison -, rien n'est découvert.
Malgré plusieurs autres alertes, les activités se développent encore : Louise réceptionne des agents parachutés de Londres, transporte des armes, aide à la rédaction de la Libre Belgique,
C'est le 5 mai 1942, en portant chez l'imprimeur Lielens la copie d'un numéro du clandestin qu'elle est arrêtée par la Gestapo ... Après des interrogatoires avenue Louise, elle est emprisonnée à Saint-Gilles. Suivent d'autres interrogatoires au cours desquels elle ne lâche rien. Elle restera à Saint-Gilles jusqu'à la fin l'année. Le 25 novembre 1942 débute devant un conseil de guerre allemand le procès de l'affaire de la Libre Belgique. Les séances se tiennent dans la salle de la Cour d'assises du Palais Justice de Bruxelles. Les imprimeurs sont condamnés à quinze ans de travaux forcés, Louise de Landsheere à sept ans.
Dans la nuit du 7 janvier 1943 elle est transférée avec d'autres prisonnières vers le Zuchthaus d'Anrath, tout près de Krefeld. Anrath, surnommé le « château de la mort lente » est utilisé par l'industrie allemande. Parce que de Landsheere «a travaillé pour l'ennemi», on la met au régime des condamnés à mort. Avec d'autres condamnées, y compris des prisonnières de droit commun allemandes, elle devra travailler à découdre de vieux uniformes pour en récupérer ce qui peut encore servir. La nourriture est débilitante, l'atmosphère mauvaise. Il y a des délateurs. Louise de Landsheere est mise aux arrêts. Elle travaillera ensuite en kommando. Au début de l'hiver 1943, elle est envoyée dans d'autres prisons pour revenir à Anrath vers Pâques 1944. Quelques jours après, c'est départ définitif pour la forteresse de Jauer en Silésie où le petit groupe de Französinnen arrive début mai 1944.
Sous le couvert d'une petite fabrique réchauds à gaz, il s'agit de faire travailler des prisonnières à la fabrication de glissières d'obus. Dans la prison, la résistance s'organise. Les femmes refusent de s'installer aux machines. Après quelques semaines de «grève», c'est au tour de de Landsheere d'être mise aux arrêts, Elle refuse de fabriquer des munitions. Après un mois de sévices, elle peut retourner à l'atelier de couture. Mais pas pour longtemps,
L'Armée rouge approche. Le 28 janvier 1945, par 25 degrés sous zéro, l'évacuation des prisonnières de Jauer commence. Ainsi, comme des milliers d'autres, Louise de Landsheere va connaître sa marche de la mort. Après des semaines d'horreur le convoi arrive en Bavière, à la forteresse d'Aichach, tout près de Dachau.

Le typhus se déclare. Mais l'espoir grandit et le 29 avril, enfin, la prison est libérée par les Américains, Quelques heures plus tard, Paul Lévy, correspondant de guerre ayant assisté à la libération de Dachau et dont, en 1942, de Landsheere avait organisé l'évasion vers l'Angleterre, la ramène au pays après trente-six mois de captivité.
Triste retour : à Bruxelles, elle apprend que son frère Henry, en mission pour l'Armée Secrète, a été écrasé accidentellement par un char anglais le jour de la Libération.
Le rôle essentiel de Louise de Landsheere dans des organismes importants de la lutte clandestine à un moment où étaient rares les véritables résistants la fait reconnaître capitaine ARA (Agents de Renseignement et d'Action), résistante par la presse clandestine, prisonnière politique et invalide de guerre.
Louise de Landsheere reprend rapidement ses activités : en 1946, comme journaliste à la Cité nouvelle, en 1947, comme correspondante de Vers l'Avenir, en 1950 comme journaliste à La Cité jusqu'en 1952. En 1953, elle devient rédactrice au Compte rendu analytique du Sénat, qu'elle quitte en 1972 comme sous-directeur à titre honoraire.
Mais ses principales activités d'après-guerre se situeront dans les associations patriotiques. En tant que présidente de l'Amicale de «La Libre Belgique clandestine», présidente de l'Amicale féminine des Camps et Prisons d'Allemagne et surtout comme secrétaire générale de l'Union des Services de Renseignements et d'Action (1962), elle est membre des principales instances officielles traitant les problèmes spécifiques aux victimes de la guerre : le Conseil supérieur des Invalides de Guerre, Anciens Combattants et Victimes de Guerre et la Commission permanente chargée du règlement du contentieux des Victimes de Guerre. En tant que telle, elle prend part à la préparation de nouvelles lois ou de modifications aux lois existantes concernant les victimes de guerre.
Sa fonction au Sénat donna à de Landsheere l'occasion d'essayer de «transformer chaque ministre comme chaque parlementaire hic et nunc en commissionnaire de nos revendications», comme le dira le grand résistant Luc Somerhausen.
L'action inlassable de Mademoiselle de Landsheere en faveur de toutes les victimes du devoir patriotique ne prendra fin qu'avec son décès, le 18 août 1989.
Louise de Landsheere, Mémoires de Louise de Landsheere : de la Résistance à la « Marche de la Mort », Braine-l'Alleud, 1990. — G. De Coster, Archives Louise de Landsheere, Centre de Recherches et d'Etudes historiques de la Seconde Guerre mondiale, Bruxelles, 1992 (Inventaires, 27).
(s) Dirk Martin
(photo dans le texte, à droite)
photo partielle de la couverture du livre "Les mémoires de Louise de Landsheere, de la résistance à la Marche de la Mort". Ed. J.M. Collet01990/2070/137
photo partielle de la couverture du livre "Les mémoires de Louise de Landsheere, de la résistance à la Marche de la Mort". Ed. J.M. Collet01990/2070/137
(1) Cette biographie est extraite du Tome 6, pages 130 -131 de la Nouvelle Biographie Nationale (commission au 31.12.2000) publiée par l’Académie Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique (rue ducale 1,1000 bruxelles).
La Nouvelle Biographie est un recueil de notices biographiques inédites de personnalités décédées ayant acquis une certaine notoriété en Belgique dans les divers domaines de l’activité humaine et appartenant à toutes les périodes de l’histoire, principalement contemporaine.
La Nouvelle Biographie est un recueil de notices biographiques inédites de personnalités décédées ayant acquis une certaine notoriété en Belgique dans les divers domaines de l’activité humaine et appartenant à toutes les périodes de l’histoire, principalement contemporaine.
photo Renard-Crabbé

Louise de Landsheere est présente lors de la célébration de l'anniversaire du jumelage entre les Sections de Namur et de Flandre Occidentale.
Le jumelage entre ces deux Sections provinciales a été initié le 1er avril 1967.
En septembre 2007 a été fêté à Ieper Bellewaerde le 40e anniversaire de ce jumelage.
Les Sections se sont regroupées pour former la Section LuxNam (Luxembourg et Namur) et la Sectie Vlaanderen (Oost Vlaanderen et West Vlaanderen).
Namur 1971
Le jumelage entre une Section KUIAD de la Communauté Flamande et une RUSRA de la Communauté Wallonne ne s'est jamais interrompu :
Vive Le Roi, Vive le Drapeau Belge, Vive La Belgique.
Voici quelques informations complémentaires :



Si nous pouvons émettre un souhait ... ?
... publier dans ce blog le contenu de ce livre qui ne se trouve plus dans le commerce.




